Deux mois à Toronto

Voilà deux mois que je suis arrivée sur la terre du beurre d’érable et du vin des glaces (le paradis me direz-vous) et je me suis dit qu’il serait bien de faire un petit bilan de ces premières semaines !

Toronto Skyline

Je sais pas trop où je vais aller avec ce bilan mais j’ai envie d’écrire un peu alors installez-vous dans votre fauteuil bien gentiment, 5, 4, 3, 2, 1, 0, partez, tous les projecteurs vont s’allumer (oui je suis une nana vachement moderne et vous me remercierez à la fin de la journée quand vous n’aurez pas pu vous sortir Michel Fugain du bourichon)

J’étais partie de France avec principalement de grandes questions sur mon avenir professionnel et le sens qu’avait et que je donnais à mon métier.

artwork whereiscoralieAprès avoir démissionné au mois de juin d’un poste de chargée de communication et événementiel dans une boîte du milieu de la finance, j’ai décidé d’entreprendre dans la foulée en tant que graphiste. À ce moment-là, je me suis lancée sans même avoir le temps de réfléchir et je proposais mes services au travers d’une plateforme d’auto-entrepreneurs : j’avais ma première mission à peine quelques jours après mon inscription. Je n’ai aucune connaissance du milieu du graphisme, je n’ai pas fait d’études d’arts, je n’ai jamais travaillé en agence, je connais à peine les termes professionnels et j’ai même parfois du mal à me rappeler si un format A3 c’est plus grand où plus petit qu’un A4, mais j’ai des idées. Les graphistes sérieux ont sûrement dû faire une syncope et ceux qui n’ont pas encore perdu connaissance doivent être en train de tailler leurs crayons en forme de pique pour me les lancer au visage, mais j’ai tout simplement eu un apprentissage différent.

Malgré ça, et le tout en étant parfaitement honnête sur mes compétences, je continuais à recevoir des missions et j’ai même pu faire mes premières expériences en agence. Ce n’était pas facile car je ne me sentais pas légitime, j’ai été bien challengée et poussée à aller plus loin dans mes réflexions, mais c’était très formateur. Certains clients m’ont même recontactée pour une nouvelle mission (y a des gens qui aiment le danger).
En arrivant au Canada, j’étais donc toujours en freelance, et j’avais encore des missions en cours que je gérais à distance. Ces missions-là se sont avérées plus compliquées, moins vivables, puisque j’étais plus intéressée par mon installation et la découverte de mon nouveau pays que par les demandes de mes clients (trouver son futur fournisseur de fromages demande du sérieux et du temps). J’ai trouvé cette situation assez délicate, et ai décidé, après avoir clôturé ma dernière mission, de ne plus en accepter.

Être freelance apporte la souplesse des horaires et du lieu de travail mais pas forcément la liberté : les engagements envers les clients délimitent en quelque sorte le périmètre de liberté que l’on peut s’octroyer.

En plus, comme je le disais dans mon premier article, on m’avait aussi proposé un travail à Toronto que j’avais accepté avant d’arriver ! Au fond de moi, je ne savais pas si j’allais vraiment le commencer et j’espérais pouvoir continuer en freelance une fois ici, mais après trois semaines, j’ai décidé d’essayer et d’honorer mon contrat.

Toronto Downtown

Mon travail à Toronto

Rien à voir avec le graphisme : je suis revenue dans le secteur du tourisme. Ceux qui me connaissent en dehors du blog savent que mes études et mes premières expériences pro étaient dans le domaine du tourisme, et que le voyage est une de mes passions au même titre que le graphisme. L’opportunité s’est présentée sans même que j’ai le besoin de chercher, puisqu’une copine d’Ecole m’a permis d’intégrer la société dans laquelle elle travaille ici à Toronto. Mon rôle est de travailler en marque blanche pour les clients VIP de Visa Canada et de leur servir de concierge / assistante personnelle. Je m’occupe, entre autres, d’organiser leurs déplacements, de réserver leur hôtel, de leur recommander un restaurant, de leur trouver des billets pour un spectacle où un événement sportif, où de remédier à toutes les autres choses auxquelles ils peuvent penser (acheter un cadeau pour leur amant(e), trouver un avocat, signer les papiers du divorce… le train-train quoi).

Bien-sûr, ce n’est encore pas le boulot de mes rêves, et il y a des jours où j’ai affaire à des personnes vraiment méprisantes à qui je n’ai pas du tout envie de donner un coup de main (c’est là que le bouton «muet» du téléphone s’avère très utile comme ça je peux lâcher un «connard» sans que la personne au bout du fil ne m’entende, vraiment pratique pour défouler sa haine tout en restant professionnelle en apparences).

Mais ce boulot a, selon moi, d’excellents avantages :

  1. il m’a permis d’intégrer le service de conciergerie d’un grand groupe hôtelier dans lequel je n’avais jamais pu rentrer en France (c’est ce qui s’appelle emprunter les chemins de traverse, bitch !)
  2. ma paye est très intéressante pour le secteur et plus haute que tout ce que j’ai pu voir dans mes cordes (et aussi plus élevée qu’à Paris)
  3. j’ai pu choisir mes horaires et les adapter à mes besoins (je commence à 7h le matin et termine à 15h30 – et notez qu’ici on travaille 40h par semaine !) ce qui me permet d’avoir du temps pour faire ce que je veux à côté et qui me donne l’équilibre dont j’ai besoin entre ma vie pro et perso : je ne suis pas frustrée à la fin de ma journée de travail car j’ai encore une bonne partie de l’après-midi pour m’occuper !
  4. la langue officielle de l’entreprise est l’anglais et je passe de l’anglais au français très souvent avec les clients, ce qui est super intéressant à analyser car les échanges, les formules, le ton employé, sont très différents d’une langue à l’autre (et les québécois, ce n’est pas un mythe, sont vraiment les gens les plus gentils !)

Il ne faut pas oublier que c’est aussi l’affaire de quelques mois à Toronto, le temps de laisser passer l’hiver et de faire de petites économies pour un plus grand projet.

Toronto Whereiscoralie

Toronto c’est comment, et pour combien de temps ?

Toronto, ce n’est pas forcément la ville qui m’a charmée au premier coup d’oeil. Je rigole rien qu’en repensant aux premières impressions qu’on avait eu en arrivant : on était arrivés en soirée dans notre Airbnb et on n’avait rien pu voir du quartier où on dormait. Le lendemain, on découvre le quartier en plein jour, ce sont donc nos vraies premières images de Toronto, et là on déchante… les rues ne sont pas belles, les gens sont bizarres… des personnes plus très jeunes, seules, errent à la boussole de leur petite fiole… Notre hôte nous explique que c’est un quartier très «excentrique» (j’aime l’utilisation polie de ce mot pour ne pas dire «qui donne envie de se barrer en courant et qui fait grave déprimer sa race»). On ne se sentait pas très bien dans la ville. On se demandait vraiment si on allait rester à Toronto…

En fait, on avait atterri à Parkdale, à l’ouest du centre ville, et notre bloc était entouré d’un centre de désintoxication, d’un hôpital et d’une maison de retraite… le meilleur kit de bienvenue quand t’arrives dans une ville quoi !

Finalement, en cherchant un logement, on a appris à connaître la ville en long en large et en travers et à se familiariser avec l’éclectisme de Toronto. Aujourd’hui, on vit dans le quartier le plus intriguant de la ville et on y est vraiment bien ! On a décidé de rester là quelques mois, jusqu’à la fin du mois d’avril 2018. Ensuite s’en suivront de nouvelles aventures… il y a bien le V de Vacances dans Permis Vacances Travail 😉

D’autres questions sur ma vie à Toronto ? Mettez-les en commentaire et je vous y réponds 🙂

Publié par

Salut, moi c'est Coralie ! Sudiste locavore, bricoleuse vadrouilleuse, je suis en ce moment en PVT au Canada et je vous raconte mes aventures (et je râle un peu parfois) :)

7 commentaires sur « Deux mois à Toronto »

  1. J’ai également eu la même impression quand je suis arrivée à Toronto, je me suis demandée si j’avais fait le bon choix. Et finalement, j’ai eu du mal à en partir 🙂

    J'aime

  2. Bonjour,

    Je suit ton parcours, et j’adore vraiment tes articles, merci de faire partager tout cela avec nous ! J’aurais cependant quelques questions en tombant sur cette article :

    Sur quelle plateforme d’auto-entrepreneurs était-tu ?
    C’était vraiment ingérable à ton arrivé au Canada de continuer à travailler avec ou c’est toi qui a juste décidé de faire autre chose ?
    Tu pense que dans un premier temps c’est vivable de vivre avec ça au début en tant qu’expat ?

    Merci d’avance 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Oleiba ! Merci beaucoup ton commentaire me fait très plaisir !
      J’ai créé une micro entreprise et je passais par la plateforme Hopwork (qui s’appelle Malt maintenant) pour 90% de mes contrats.
      À mon arrivée, je voulais faire tellement de choses (visiter, trouver un appart, rencontrer des gens…) que je n’arrivais pas à trouver du temps pour bosser où plutôt que je n’avais plus envie d’y consacrer du temps, car ce n’était pas ma priorité. Je pense que c’est vivable d’être freelance en tant qu’expat, mais me concernant je n’avais juste plus la motivation en arrivant ici. En fait le plus dur sont les premières semaines, car les recherches d’appart, la découverte des quartiers, prennent beaucoup de temps. Si tu arrives à bien gérer ça, à travailler tout en conciliant les recherches, dans ce cas tout roule ensuite 😉 Mais rechercher un appart ici à Toronto c’est vraiment un job à temps plein et je conseillerai de faire une pause dans les missions le temps de trouver un logement !
      Quel est ton projet ? Tu es aussi freelance ?

      J'aime

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