Stage à Montréal & PVT à Toronto

Retrouvez-mon interview pour PVTistes.net dans son contexte ici, ou bien retranscrit ci-dessous 🙂

Coralie en stage à Montréal puis en PVT à Toronto

Salut, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello ! Je m’appelle Coralie, j’ai 25 ans et je suis originaire de la région Toulousaine. J’aime écrire, prendre des photos, faire des vidéos, dessiner, voyager et manger : j’ai un gros faible pour le fromage et toutes les spécialités de mes grands-mères (pâté, foie gras, friton, galantine, magret… bref tout ce qui peut passer à la douane !). Je travaille dans le secteur du tourisme et de l’événementiel et je suis arrivée à Toronto en PVT en septembre 2017 avec mon copain.

Avant de partir au Canada, tu as eu l’occasion de vivre à l’étranger ?

Oui, en Angleterre, sur la côte est ! J’y ai vécu un an, pour faire ma dernière année de licence d’anglais en Erasmus. C’est d’ailleurs cette expérience qui m’a révélée. C’était la première fois que je partais vivre ailleurs, loin de ma famille, de mes amis, des lieux que je connaissais, je partais seule et tout allait être nouveau pour moi… J’ai tellement apprécié rencontrer des gens venant de partout dans le monde, avec des vies si différentes de la mienne, parler une autre langue au quotidien, que je me suis spécialisée dans le tourisme une fois rentrée en France, en espérant pouvoir découvrir encore et encore.

Ensuite, tu es partie faire un stage à Montréal ! Comment as-tu trouvé ce stage ?

Exactement ! Je suis partie six mois à Montréal, avec un permis stage coop. Pendant mes recherches, j’ai surtout envoyé beaucoup de candidatures spontanées dans des agences de voyage ou des tour-opérateurs à l’étranger. Je rêvais de l’Amérique du Sud, surtout de l’Argentine, mais mon niveau d’espagnol n’était pas aussi bon que mon niveau d’anglais ! J’ai finalement trouvé un stage non-rémunéré à Montréal (la rémunération n’est pas obligatoire au Québec pour les stages) grâce au bouche à oreille ! Ça, c’est vraiment un truc que j’ai compris cette fois-là : il faut faire marcher son réseau ! Il y a très souvent quelqu’un, qui connait quelqu’un, qui connait quelqu’un… En plus, être recommandé par un proche ou un employé garantit d’être considéré et écouté, et c’est aussi rassurant pour l’entreprise qui recrute !

Coralie Canada

Parle-nous de ton stage. C’était une bonne expérience ?

J’étais en charge des carnets de voyages dans un tour-opérateur spécialisé dans les circuits au Canada. C’est un poste que l’entreprise a ouvert à mon arrivée, il y avait tout à faire ! Comme j’aime aussi beaucoup le graphisme, mon manager me donne carte blanche pour créer la charte des carnets. Je m’occupe donc de créer toute la mise en page, mais aussi de trouver les photos et d’écrire les textes relatifs à chaque expérience. En même temps, je passe ma certification d’agent spécialiste du Canada et on me forme aussi au métier d’agent de voyage. C’était une expérience très positive. On me faisait confiance, on prenait mon avis en compte, et puis j’en apprenais énormément sur le Canada, sur les traditions et les attractions de chaque province !

Coralie Atikamekw

Qu’est-ce que tu as pensé de la vie à Montréal ?

C’était le pied ! J’y ai vécu tous les beaux jours d’avril à septembre. J’avais acheté un vélo, je finissais le travail tôt ce qui me permettait de profiter de mes fins de journées, d’aller faire une sieste au Parc Laurier, de me promener sur l’ile Sainte-Hélène, d’aller manger un sandwich au porc effiloché au marché Jean-Talon, ou de profiter de tous les festivals gratuits qu’offre la ville ! En plus, Montréal est tellement bien située, à quelques heures de réserves fauniques et de parcs nationaux, qu’il était simple de s’y rendre sur une journée ou un week-end ! J’ai adoré la vie simple que j’y menais et toute la poutine que j’y ai mangé.

Tu as dû rentrer en France pour terminer tes études, mais l’appel du Canada était trop grand. Tu as donc tenté le PVT, direction Toronto cette fois ?!

Hé oui ! 3 ans plus tard, et avec un profil de femme active et non plus d’étudiante, j’ai tenté le PVT ! Je ressentais l’envie de revenir au Canada mais plutôt du côté anglophone cette fois. J’avais vraiment besoin de parler anglais, et Toronto s’est imposée après un chifoumi avec mon copain (qui a gagné du coup, puisque je voulais aller à Vancouver au départ) !

Coralie Toronto Islands

Quel était ton niveau d’anglais quand tu es arrivée au Canada ? Et maintenant, 4 mois plus tard ?

J’avais déjà un bon niveau d’anglais après avoir vécu en Angleterre et fait une licence de littérature anglaise (oui… certains choix ne s’expliquent pas), mais depuis que je suis à Toronto et grâce à mon travail, j’ai vraiment amélioré mon langage professionnel et j’utilise des mots plus « premium ». Quand on est immergé, on apprend et on assimile beaucoup plus vite.

Arriver sans emploi, c’est une autre expérience que celle d’un départ en stage. Comment s’est passée ta recherche d’emploi ?

Cette fois, j’avais retenu la leçon, et j’ai d’abord fait le tour de mon réseau avant de partir ! Je connaissais encore quelques personnes à Montréal, et j’ai re-contacté mon ancien manager qui cherchait justement à recruter. Le seul souci, c’est que je voulais vraiment vivre et travailler en anglais, ce qui n’était pas le cas là-bas. J’ai re-contacté une amie de promo qui était arrivée à Toronto un an avant moi, et elle a mis beaucoup de cœur à me recommander dans sa boîte. Grâce à elle, j’avais signé un contrat pour un job dans ma branche quelques jours avant d’arriver au Canada, et en plus avec un super salaire ! J’ai appris par la suite que presque tous mes collègues avaient été recrutés par cooptation : ce sont les employés eux-mêmes qui les avaient recommandés. Certains ne se connaissaient que par Facebook, grâce aux groupes de PVTistes, alors que d’autres étaient vraiment amis. Si je devais donner un conseil pour la recherche d’emploi : solliciter son réseau direct mais aussi indirect par le biais des réseaux sociaux ! En plus, parler le français « de France », sans accent, est vraiment recherché à Toronto !

Quelles sont les différences majeures entre Toronto et Montréal ?

  • Le climat : à Toronto, l’hiver est beaucoup moins rude qu’à Montréal. On n’a pas les tempêtes ni les énormes amas de neige. Et en plus de ça, il ne pleut presque jamais !
  • Le travail : parler français est un vrai atout à Toronto, contrairement à Montréal ou tout le monde le parle. Du coup, c’est plus facile de se démarquer pour trouver du travail.
  • La ville : Toronto est connue pour être un petit New York City, alors que je trouve Montréal plus tranquille, plus nature.
  • Les attractions : c’est un débat avec mes amis, mais pour ma part je trouve Montréal beaucoup plus festif que Toronto. A Montréal, j’ai pu profiter de tellement de festivals gratuits, d’attractions en plein air… à Toronto, il n’y en a pas beaucoup.
  • Les français : ce que j’apprécie à Toronto, c’est qu’il n’y a pas un quartier « pour les français », comme le plateau à Montréal. Les français vivent partout, il n’y a pas de regroupement dans un quartier spécial de la ville. C’est un peu ce que je regrette à Montréal, je trouve dommage le manque de mélange.

Peux-tu nous parler de ta recherche de logement à Toronto ?

La recherche d’appart à Toronto c’était les Hunger Games. On était arrivés avec plein de belles idées : de grandes colocs dans un bel appart comme dans How I Met Your Mother, mais on se faisait recaler de toutes les colocs auxquelles on postulait. On nous disait de prendre 2 chambres pour pouvoir vivre dans la maison, ou bien de payer le double du prix de la chambre initiale parce qu’on était en couple. On a vite compris qu’on ne trouverait pas de coloc en étant en couple dans cette ville, alors on a commencé à regarder les one bedroom et les condos. On cherchait par tous les moyens : sites d’annonces et groupes Facebook le matin, puis on quadrillait la ville à pied à la recherche de panneaux l’après-midi. On n’était pas trop difficiles pour le quartier, on voulait juste rester au centre de Toronto (entre Roncesvalles, The Annex et Distillery District) et pas dépasser le loyer qu’on payait à Paris. Au bout d’une semaine de recherches vraiment intenses (on devenait fous et on regardait même les annonces quand on se retournait la nuit !), on a fini par trouver la perle rare : l’étage principal d’une maison rénovée dans Kensington Market, dans notre budget, avec un bail à court terme prolongeable. Aujourd’hui, ça fait 4 mois qu’on y vit et on adore le quartier, nos voisins sont vraiment cool et quand la tuyauterie ne gèle pas par -27°C, la vie est belle !
J’ai d’ailleurs fait un article complet sur notre recherche d’appart et mes conseils sur mon blog.

Ton copain et toi ne prévoyez pas de passer tout votre PVT à Toronto. Quels sont vos projets ?

Les amis et la famille vont venir nous rendre visite jusqu’en juin, ce qui va nous permettre de vadrouiller un peu au Québec et en Ontario avec eux. Mais mon grand rêve c’est d’aller à l’Ouest, traverser les Rocheuses ! On commence tout juste à préparer notre voyage, ça sera pour cet été. On voudrait commencer au nord du Jasper National Park et descendre jusqu’aux Etats-Unis. Après, on reviendrait passer l’hiver à Toronto, qu’on adore !

Avec quel budget vous êtes partis pour ce PVT ? Est-ce qu’avec du recul ça vous paraît suffisant ?

On est partis avec 3 000 € chacun. On a compté évidemment la preuve de fonds obligatoire de 2 500 $CA (environ 1 600 €), et puis on a tout simplement préféré avoir suffisamment de côté, surtout pour démarrer les premières semaines. Ça a d’ailleurs été très utile puisqu’ici le locataire doit payer le premier et le dernier loyer au moment de la signature du bail, donc autant avoir prévu le coup surtout si on n’a pas encore trouvé de boulot.

En terme de culture, de mentalité et de façon de vivre, qu’est-ce que tu penses du Canada ?

On me pose souvent cette question, et la première chose qui me vient à l’esprit quand on me demande ce que je pense du Canada, c’est de dire que les différentes cultures marchent bien ensemble. Certes, la France est multiculturelle, mais les cultures ne se mélangent pas comme ici : à Paris, chaque nationalité a son quartier, les gens se côtoient mais ne vivent pas vraiment ensemble. Ici à Toronto, toutes les nationalités se mélangent et vivent ensemble. Le meilleur exemple de ce mélange c’est Kensington Market, et c’est pour ça que j’aime y vivre ! Ce quartier est extrêmement représentatif de la mentalité du Canada : chacun est le bienvenu, tant qu’il accepte de vivre avec les autres tels qu’ils sont.

Quels sont tes meilleurs souvenirs canadiens jusqu’ici ?

Lors de mon premier voyage au Québec, j’ai appris l’existence d’une communauté des Premières Nations à Manawan, les Atikamekw. Après avoir fait quelques recherches, j’ai trouvé qu’il était possible d’aller leur rendre visite et de vivre avec eux plusieurs jours. La correspondance était un peu compliquée au départ, ils vivent dans un endroit assez reculé ou la ville la plus proche est à 1 h de route, et où les routes sont peu praticables, mais on s’est finalement entendus et on a pu se retrouver dans un village près du Lac Metabeskega. Après avoir fait 30 minutes de bateau, on est arrivés sur leur campement. J’ai passé 3 jours avec eux, à apprendre à pêcher et à préparer le poisson, à écouter les histoires près du feu et à dormir dans un tipi. C’était complètement dépaysant, à l’opposé de mon quotidien.

Coralie tipi

J’ai aussi pu assister complètement par hasard à un envol d’oies sauvages, à la fin de leur période de nidification : des milliers d’oies qui s’envolent d’un coup pour aller migrer ailleurs, c’est très impressionnant !

Coralie migration oies

Et puis plus récemment, notre roadtrip en Ontario pendant l’été indien : on avait loué un chalet près du Parc Algonquin pour 3 nuits, puis notre hôte était tellement charmante et l’endroit tellement beau et calme, qu’on y est finalement restés toute une semaine. C’est aussi elle qui nous a indiqué le chemin vers une cascade naturelle ; on a roulé pendant des kilomètres sur des pistes rocailleuses en passant devant des panneaux « warning rough road NOT maintained, use at own risk », avant de tomber sur une magnifique cascade ou nous étions complètement seuls…  Rouler au milieu des forêts de toutes les couleurs pendant l’été indien, c’est vraiment quelque chose à vivre au Canada.

Coralie Algonquin Park

Et tes plus grosses galères ou difficultés ?

Mis à part la recherche d’appart à Toronto, je n’ai pas eu trop de difficultés heureusement.
Petite galère drôle en y repensant. J’ai eu la bonne idée d’aller faire de la rando au milieu des moustiques au Mont Tremblant, et finir avec autant de piqures qu’un emmental a de trous, et avec un œil aussi gros qu’une balle de tennis (non je ne partagerai pas la photo !)

Qu’est-ce que ces deux expériences au Canada t’ont apporté et t’apportent encore aujourd’hui ?

Le Canada m’apporte la liberté. Je travaille 40 h par semaine, mais bizarrement j’ai un emploi du temps qui m’offre beaucoup plus de temps libre qu’à Paris, et qui me permet enfin de réaliser des petites choses, toutes bêtes que j’avais en tête mais que je n’avais pas forcément le temps de faire : visiter, dessiner, écrire, prendre et retoucher des photos, apprendre à monter des vidéos… prendre plus le temps de faire des activités qui m’épanouissent. Et une fois épanoui avec soi-même, on est forcément plus positif et plus réceptif à ce(ux) qui nous entoure(nt), et ça se ressent !

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui s’apprêtent à partir en PVT au Canada ?

Je pense que le PVT au Canada a changé depuis ces dernières années. Quand je suis partie la première fois, les permis étaient distribués sur le système du premier arrivé premier servi, ce qui a mon sens garantissait l’attribution des permis vraiment à ceux qui étaient prêts à partir. Maintenant, il y a tout un système de bassins et de tirages au sort qui rendent le processus aléatoire, certains s’inscrivent plus tard dans les bassins et sont choisis avant ceux qui étaient prêts dès l’ouverture. Alors pour ceux qui ont eu la chance d’être tirés au sort, et qui s’apprêtent à partir en PVT au Canada cette année, je leur conseille de vraiment prendre conscience de la chance qu’ils ont de pouvoir avoir accès à tout un pays comme un résident pendant 2 ans, et d’utiliser leur PVT jusqu’à expiration s’ils le peuvent.

Et pour finir, tu as un blog, tu peux nous en parler ?

J’ai en effet commencé un blog quand je suis partie de France. C’est ma principale source de communication avec ma famille : ma mère imprime tous mes articles pour les faire lire à mes grands-parents et arrière-grands-parents (oui j’ai une petite réputation chez le troisième âge) ! D’ailleurs je fais souvent référence à ma famille dans mes articles, et j’essaie vraiment de les intégrer à tout ce que je fais ! Je raconte mes activités, roadtrips, week-ends, visites, expos, randos. Je donne mon avis et mes bons plans… je râle un peu aussi, souvent, et je ponctue le tout de photos faites par mon copain, de vidéos, et de petits dessins ! Allez y faire un tour et n’hésitez pas à m’envoyer vos questions auxquelles je répondrai avec plaisir!

Publié par

Salut, moi c'est Coralie ! Sudiste locavore, bricoleuse vadrouilleuse, je suis en ce moment en PVT au Canada et je vous raconte mes aventures (et je râle un peu parfois) :)

9 commentaires sur « Stage à Montréal & PVT à Toronto »

  1. coucou coralie. quelle surprise de te découvrir en premier sur la dépèche puis sur le net 🙂 c’est vraiment génial de voir ton parcours 🙂 dire qu’il y a quelques années de cela tu venais jouer à la maison et on prenait le bus ensemble au départ de rouby 🙂 voir sa petite voisine qui fait un si beau parcours c’est super 🙂 profites bien dans le froid canadien 🙂 sarah la voisine d’au dessus de ta maison 🙂 lol

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    1. Ohhhh Sarah !!! C’est génial de te retrouver sur le blog. Je reviens à la maison en juin, peut-être qu’on s’y croisera ! En tout cas il est encore probable que je fasse des roues sur la route entre ta maison et la mienne, comme avant 😉 J’espère que tu vas bien ! Grosses bises !!!

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      1. 😉 je dirai à mes parents qu’ils surveillent la route pour voir si une jeune fille fait des roues alors lol j’avais eu de tes nouvelles par mes parents quand ils croisaient les tiens ou par julie (qui est ma collègue maintenant 🙂 le monde est petit lol ! ), du coup mes parents sont allés voir ton blog aussi et ils sont épatés 🙂 profites bien de ta vie canadienne et de tes voyages 🙂 nous suivrons tes aventures avec attention 😉

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  2. Bonjour,

    Je dois faire un stage remuneré à Toronto
    master 2 chimie des materiaux
    je dois trouver un logement que me conseilles tu?
    pour trouver un logement?
    Merci

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